09 septembre 2009

C'est toujours la crise....

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"De tous ceux qui n'ont rien à dire,

les plus agréables sont ceux qui se taisent !"

Coluche

 

 

 

 

Je trouve ceci dans ma bal ce matin !  Pas mal  :

 

Les boulangers et les patissiers ont des problèmes croissants.
Chez Renault la direction fait marche arrière. Les salariés débrayent.
A EDF les syndicats sont sous tension.
Chez Tampax: coup de sang de la CGT.
Les bouchers se battent pour défendre leur beefsteak.
Les éleveurs de volaille sont les dindons de la farce. Ils en ont assez de se faire plumer.
Pour les couvreurs, cette nouvelle loi est une tuile.
Les faïenciers en ont ras le bol.
Les chapeliers en ont ras la casquette
Les éleveurs de chiens sont aux abois.
Les brasseurs sont sous pression.
Les cheminots menacent d'occuper les locos. Ils veulent conserver leur train de vie.
Les veilleurs de nuit en ont assez de vivre au jour le jour.
Les pédicures travaillent d'arrache-pied pour de faibles revenus.
Les ambulanciers ruent dans les brancards.
Les pécheurs haussent le ton.
Les jardiniers n'ont plus un radis.
Les céréaliers n'ont plus de blé.
Et... Les prostituées sont dans une mauvaise passe.

29 avril 2009

La fulgurance...

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Jardin Bardini à Florence.... 

 
"Chaque chose à sa place et chaque heure dans son bâtiment secret. Les ombres s'accumulent autour de nous, les jours nous distancient. À chaque pensée je remets mes mains dans la tienne, je refais le glissement de mon visage sur ton corps, je m'étonne de ton souffle court, et je retransmets tes caresses. À chaque pensée je te refais l'amour avec le même gémissement dans le ventre, avec le même abandon du monde dans nos yeux."

 Poèmes en prose, Marie Uguay

 

Marie Uguay est née à Montréal en 1955.

Elle a publié trois recueils de poèmes, Signe et rumeur (1976), L’Outre-vie (1979) et Autoportraits (1982).

Elle a été emportée par un cancer en 1981 à l’âge de vingt-six ans.

20 avril 2009

Que m'importe, si tu m'aimes... Je me fous du monde entier !

IMGP6054 xxx xxxx.JPGSur le Ponte Vecchio, ce soir là, le temps avait suspendu son vol pour ces deux là....
(possibilité d'agrandir les photos en cliquant dessus...)

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
         Vienne la nuit sonne l'heure
IMG_8973 xxx xx.jpg         Les jours s'en vont je demeure
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passait
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure


"Le Pont Mirabeau" - Apollinaire, Alcools (1912)

08 février 2009

Youth

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  Youth - Etre Jeune

 

 

La jeunesse n'est pas seulement une période de la vie ;
elle est un état d'esprit,
un effet de la volonté,
une qualité de l'imagination,
une intensité émotive,
une victoire du courage sur la timidité,
du goût de l'aventure sur l'amour du confort.

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années :
on devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.

Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l'âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs
sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre
et devenir poussière avant la mort.

Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille.
Il demande, comme l'enfant insatiable : et après ?
Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.

Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement.

Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.

Si, un jour, votre cœur allait être mordu par le pessimisme
et rongé par le cynisme,
puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.


Extrait de La jeunesse
De Samuel ULLMANN


« Samuel ULLMANN est aujourd'hui principalement connu pour son poème Youth qui était le favori du Général Douglas MacArthur. »

et Muse endormie de Brancusi...

15 octobre 2008

Lettres à Milena

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Je viens d’écouter les Lettres à Milena de Kafka
lues par Robin Renucci
et je suis tombée sous le charme de la dernière écrite à
Prague, début avril 1922


En voici donc un extrait :

 


... Cela fait déjà bien longtemps Madame Milena, que je ne vous ai plus écrit, et, aujourd’hui encore, je ne le fais que par suite d’un hasard. Je n’aurais pas au fond à excuser mon silence,
vous savez comme je hais les lettres. Tout le malheur de ma vie - je ne le dis pas pour me plaindre mais pour en tirer une leçon d’intérêt général - vient, si l’on veut, des lettres ou de la possibilité d’en écrire. Je n’ai pour ainsi dire jamais été trompé par les gens, par des lettres toujours ; je veux dire, non pas par celles des autres mais par les miennes. Cela représente pour moi un malheur personnel sur lequel je ne veux pas m’étendre, mais c’est aussi un malheur général. La grande facilité d’écrire des lettres doit avoir introduit dans le monde - du point de vue purement théorique - un terrible désordre des âmes : c’est un commerce avec des fantômes, non seulement avec celui du destinataire, mais encore avec le sien propre ; le fantôme grandit sous la main qui écrit, dans la lettre qu’elle rédige, à plus forte raison dans une suite de lettres où l’une corrobore l’autre et peut l’appeler à témoin. Comment a pu naître l’idée que des lettres donneraient aux hommes le moyen de communiquer ? On peut penser à un être lointain, on peut saisir un être proche : le reste passe la force humaine. Écrire des lettres, c’est se mettre nu devant les fantômes ; ils attendent ce moment avidement. Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route. C’est grâce à cette copieuse nourriture qu’ils se multiplient si fabuleusement. L’humanité le sent et lutte contre le péril ; elle a cherché à éliminer le plus qu’elle pouvait le fantomatique entre les hommes, elle a cherché à obtenir entre eux des relations naturelles, à restaurer la paix des âmes en inventant le chemin de fer, l’auto, l’aéroplane ; mais cela ne sert plus de rien (ces inventions ont été faites une fois la chute déclenchée) ; l’adversaire est tellement plus calme, tellement plus fort ; après la poste, il a inventé le télégraphe, le téléphone, la télégraphie sans fil. Les esprits ne mourront pas de faim, mais nous, nous périrons…

06 octobre 2008

Plus trop envie d’écrire….

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  « Prépare toi petit garçon,
Elle s’ra longue l’expédition,
Et même si l’on n’en revient jamais vivant,
Il faut marcher droit devant »
Droit devant
C.F.

 

 

 

 
Je ne sais pas trop ce qui m’arrive, je ne suis pas inspirée, alors de quoi parler ?
Je fais l’impasse sur le krach boursier, les jours qui raccourcissent, le soleil qui joue à cache-cache…

Un peu déçue par le film d’Antoine De Caunes : Coluche
Il y perd un peu de sa magie ( j’ai pas trop aimé le côté caviar, pétard, fêtard)
Par contre, ce film décrit bien le basculement de l’homme qui fait une proposition pour se marrer et « foutre le bordel » et qui se prend au jeu. Il se sent alors investi d’une mission et aura peur de trahir. On assiste à la naissance du Coluche des restosducœur.
Le jeu de François-Xavier Demaison est assez remarquable. Quel parcours ! Homme d’affaires à New-York, il prend conscience après le 11 septembre, que cela ne peut plus durer ! Il troque alors son open space contre la scène...

Je n’ai pas encore vu « Entre les murs »…

Sortie du nouvel album des CF (Cowboys Fringants). En fait, deux opus presque en même temps !
L'Expédition : album qui me semble un peu plus cool que les autres… sur leur site on peut trouver les partoches….
Et dans quelques jours « Un air de déjà vu ».

28 juillet 2008

Suspends ton vol !

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...." Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !.....

 Le Lac
Alphonse de LAMARTINE - 1790-1869 
(Méditations poétiques)

15 juin 2008

Dans les secrets du confessionnal...

Abbe_de_Lattaignant.jpgUne fois n'est pas coutume,
voilà donc un petit billet sur un homme d'église.....

 

 

 

Gabriel-Charles de Lattaignant (1697-1779)  fut destiné à l'état ecclésiastique, puisqu’il était le cadet d’une famille aristocratique, ce n’est donc en rien une vocation, comme le rappelle un couplet rageur de la célèbre chanson J'ai du bon tabac, dont il a écrit quelques couplets :

 

Un noble héritier, de gentillhommière
Recueille tout seul un fief blasonné
Il dit à son frère puîné
« Sois abbé, je suis ton aîné ! »

 

mais en ce qui me concerne c’est cette poésie galante que j’apprécie le plus… ;-)

 

- Le Mot et la Chose -

Madame, quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose ?
On vous a dit souvent le mot,
On vous a souvent fait la chose.
Ainsi, de la chose et du mot
Pouvez-vous dire quelque chose.
Et je gagerai que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose !

Pour moi, voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose.
J'avouerai que j'aime le mot,
J'avouerai que j'aime la chose.
Mais, c'est la chose avec le mot
Et c'est le mot avec la chose ;
Autrement, la chose et le mot
À mes yeux seraient peu de chose.

Je crois même, en faveur du mot,
Pouvoir ajouter quelque chose,
Une chose qui donne au mot
Tout l'avantage sur la chose :
C
'est qu'on peut dire encor le mot
Alors qu'on ne peut plus la chose...
Et, si peu que vaille le mot,

Enfin, c'est toujours quelque chose !
De là, je conclus que le mot

Doit être mis avant la chose,

Que l'on doit n'ajouter un mot

Qu'autant que l'on peut quelque chose

Et que, pour le temps où le mot

Viendra seul, hélas, sans la chose,

Il faut se réserver le mot

Pour se consoler de la chose !

  Pour vous, je crois qu'avec le mot
Vous voyez toujours autre chose :
Vous dites si gaiement le mot,
Vous méritez si bien la chose,
Que, pour vous, la chose et le mot
Doivent être la même chose...
Et, vous n'avez pas dit le mot,
Qu'on est déjà prêt à la chose.

Mais, quand je vous dit que le mot
Vaut pour moi bien plus que la chose
Vous devez me croire, à ce mot,
Bien peu connaisseur en la chose !
Eh bien, voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose :
Madame, passez-moi le mot...
Et je vous passerai la chose !

 

Jolie, cette petite coquinerie, non ?

09 juin 2008

J'ai aimé...

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« Moi, j'ai aimé très souvent
Aimé longtemps puis énormément
Et je les ai tous perdus
Car comment aimer, je ne l'ai jamais su »
Diane Tell

Les beaux jours arrivent et comme je manque d’inspiration,
je vais publier des petits textes qui me touchent.

Je commence avec
Alfred Louis Charles de Musset, 1810- 1857
On ne badine pas avec l'amour -

Acte II Scène 5 – Réplique de Perdican

Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : “ J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. ”

01 juin 2008

Fais-le !

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Tirons notre courage de notre désespoir même.
Sénèque
 

 

 

 Les enfants étaient seuls
 

Leur mère était partie de bon matin et elle les avait confiés à la garde de Marina, une jeune fille de 18 ans qu’elle engageait parfois quelques heures pour les garder, en échange de menus gages.
Depuis la mort du père, les temps étaient devenus trop durs pour risquer de perdre son travail chaque fois que la grand-mère tombait malade ou s’absentait de la ville.
Lorsque le petit ami de la jeune fille appela Marina pour l’inviter à faire une promenade dans sa voiture toute neuve, elle n’hésita pas longtemps. Après tout, les enfants dormaient, comme tous les après-midi, et il ne se réveilleraient pas avant 5 h.
Dès qu’elle entendit le klaxon, elle attrapa son sac et décrocha le téléphone. Elle prit la précaution de fermer la porte de la chambre et mit la clé dans sa poche. Elle ne voulait pas prendre le risque que Pancho se réveille et descende l’escalier à sa recherche : il n’avait que 6 ans, dans un moment d’inattention, il pourrait tomber et se blesser. De plus, pensa t-elle, si cela arrivait, comment expliquerait-elle à sa mère que l’enfant ne l’avait pas trouvée ?
Ce fut peut-être un court-circuit dans le téléviseur allumé ou dans une lampe du salon, ou alors une étincelle dans la cheminée ; toujours est-il que lorsque les rideaux commencèrent à brûler, le feu atteignit rapidement l’escalier de bois qui conduisait aux chambres.
La toux du bébé, causée par la fumée qui s’infiltrait sous la porte, le réveilla. Sans réfléchir, Pancho sauta du lit et se débattit avec la poignée pour ouvrir la porte,  mais il n’y parvint pas.
De toute façon, s’il y était arrivé, lui et son petit frère de quelques mois auraient été dévorés en quelques minutes par les flammes.
Pancho cria, appelant Marina, mais personne ne répondit à ses appels au secours. Aussi courut-il vers le téléphone qui était dans la chambre (il savait comment composé le numéro de sa mère), mais la ligne était occupée.
Pancho comprit qu’il devait sortir son petit frère de là. Il essaya d’ouvrir la fenêtre qui donnait sur la corniche, mais il était impossible à ses petites mains de dégager le loquet de sécurité et, même s’il y était arrivé, il y aurait encore fallu détacher le grillage que ses parents avaient installé en guise de protection.
Lorsque les pompiers finirent d’éteindre l’incendie, le sujet de conversation de tous était le même :
Comment cet enfant si jeune avait-il pu briser la vitre, puis faire sauter le grillage avec le porte manteau ?
Comment avait-il pu porter le bébé dans un sac à dos ?
Comment avait-il pu marcher sur la corniche avec un tel poids et se laisser glisser le long de l’arbre ?
Comment avait-il pu sauver sa vie et celle de son frère ?

Le vieux capitaine des pompiers, homme sage et respecté, leur donna la réponse :
« Pancho était seul… il n’y avait personne pour lui dire qu’il n’y arriverait jamais. »

Jorge Bucay
« Je suis né aujourd’hui au lever du jour »

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