01 juin 2008
Fais-le !
Tirons notre courage de notre désespoir même.
Sénèque
Les enfants étaient seuls
Leur mère était partie de bon matin et elle les avait confiés à la garde de Marina, une jeune fille de 18 ans qu’elle engageait parfois quelques heures pour les garder, en échange de menus gages.
Depuis la mort du père, les temps étaient devenus trop durs pour risquer de perdre son travail chaque fois que la grand-mère tombait malade ou s’absentait de la ville.
Lorsque le petit ami de la jeune fille appela Marina pour l’inviter à faire une promenade dans sa voiture toute neuve, elle n’hésita pas longtemps. Après tout, les enfants dormaient, comme tous les après-midi, et il ne se réveilleraient pas avant 5 h.
Dès qu’elle entendit le klaxon, elle attrapa son sac et décrocha le téléphone. Elle prit la précaution de fermer la porte de la chambre et mit la clé dans sa poche. Elle ne voulait pas prendre le risque que Pancho se réveille et descende l’escalier à sa recherche : il n’avait que 6 ans, dans un moment d’inattention, il pourrait tomber et se blesser. De plus, pensa t-elle, si cela arrivait, comment expliquerait-elle à sa mère que l’enfant ne l’avait pas trouvée ?
Ce fut peut-être un court-circuit dans le téléviseur allumé ou dans une lampe du salon, ou alors une étincelle dans la cheminée ; toujours est-il que lorsque les rideaux commencèrent à brûler, le feu atteignit rapidement l’escalier de bois qui conduisait aux chambres.
La toux du bébé, causée par la fumée qui s’infiltrait sous la porte, le réveilla. Sans réfléchir, Pancho sauta du lit et se débattit avec la poignée pour ouvrir la porte, mais il n’y parvint pas.
De toute façon, s’il y était arrivé, lui et son petit frère de quelques mois auraient été dévorés en quelques minutes par les flammes.
Pancho cria, appelant Marina, mais personne ne répondit à ses appels au secours. Aussi courut-il vers le téléphone qui était dans la chambre (il savait comment composé le numéro de sa mère), mais la ligne était occupée.
Pancho comprit qu’il devait sortir son petit frère de là. Il essaya d’ouvrir la fenêtre qui donnait sur la corniche, mais il était impossible à ses petites mains de dégager le loquet de sécurité et, même s’il y était arrivé, il y aurait encore fallu détacher le grillage que ses parents avaient installé en guise de protection.
Lorsque les pompiers finirent d’éteindre l’incendie, le sujet de conversation de tous était le même :
Comment cet enfant si jeune avait-il pu briser la vitre, puis faire sauter le grillage avec le porte manteau ?
Comment avait-il pu porter le bébé dans un sac à dos ?
Comment avait-il pu marcher sur la corniche avec un tel poids et se laisser glisser le long de l’arbre ?
Comment avait-il pu sauver sa vie et celle de son frère ?
Le vieux capitaine des pompiers, homme sage et respecté, leur donna la réponse :
« Pancho était seul… il n’y avait personne pour lui dire qu’il n’y arriverait jamais. »
Jorge Bucay
« Je suis né aujourd’hui au lever du jour »
17:44 Publié dans A méditer - Beaux textes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : enfant, sénèque, jorge bucay
14 février 2008
Love, love, love
Ce qu’il y a d’ennuyeux dans l’amour,
c’est que c’est un crime où l’on ne peut pas se passer d’un complice."
Charles Baudelaire
Bien sûr, nous eûmes des orages
Vingt ans d'amour, c'est l'amour fol
Mille fois tu pris ton bagage
Mille fois je pris mon envol
Et chaque meuble se souvient
Dans cette chambre sans berceau
Des éclats des vieilles tempêtes
Plus rien ne ressemblait à rien
Tu avais perdu le goût de l'eau
Et moi celui de la conquête
Mais mon amour
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais je t'aime
Moi, je sais tous tes sortilèges
Tu sais tous mes envoûtements
Tu m'as gardé de pièges en pièges
Je t'ai perdue de temps en temps
Bien sûr tu pris quelques amants
Il fallait bien passer le temps
Il faut bien que le corps exulte
Finalement finalement
Il nous fallut bien du talent
Pour être vieux sans être adultes
Oh, mon amour
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore, tu sais, je t'aime
Et plus le temps nous fait cortège
Et plus le temps nous fait tourment
Mais n'est-ce pas le pire piège
Que vivre en paix pour des amants
Bien sûr tu pleures un peu moins tôt
Je me déchire un peu plus tard
Nous protégeons moins nos mystères
On laisse moins faire le hasard
On se méfie du fil de l'eau
Mais c'est toujours la tendre guerre
Oh, mon amour...
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais je t'aime.
C’est la Saint Valentin, alors une petite pensée pour « mon amour, mon doux mon tendre mon merveilleux amour… » et comme je me sens minuscule devant un texte pareil, je ne rajouterai rien, je me contenterai de répéter "je t'aime encore tu sais je t'aime………. ;-) http://krisdeblog.hautetfort.com/tag/Jacques+Brel
07:50 Publié dans A méditer - Beaux textes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : baudelaire, amour, jacques brel
21 septembre 2007
Euthanasie

Une petite pensée pour Maïa Simon…
en espérant avoir, moi aussi, un jour la possibilité de « débrancher » dans de bonnes conditions, si cela est mon choix…
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20070920....
Bien sûr il y a la loi Leonetti. Et pour en arriver là, il a tout de même fallu qu’une mère (puis une équipe médicale) mettent fin à la vie de son fils. C’était le vœux de : Vincent Humbert en 2003, tétraplégique, aveugle et muet après un accident de voiture. Ce texte autorise depuis 2005 un patient à refuser toute "obstination déraisonnable ».
http://www.humanite.fr/2007-03-12_Societe_La-loi-Leonetti...
http://www.medecines-douces.com/impatient/305nov03/actu_v...
Mais il semble qu’il reste encore un pas à faire….
11:40 Publié dans A méditer - Beaux textes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : euthanasie, maia simon, admd, leonetti
Caillou...
Dis Papa, quand c'est qu'y passe
Le marchand d' cailloux
J'en voudrais dans mes godasses
A la place des joujoux
Avec mes copines en classe
On comprend pas tout
Pourquoi des gros dégueulasses
Font du mal partout
Pourquoi les enfants de Belfast
Et d' tous les ghettos
Quand y balancent un caillasse
On leur fait la peau
J' croyais qu' David et Goliath
Ça marchait encore
Les plus p'tits pouvaient s' débattrent
Sans être les plus morts »
Renaud
Et les superbes « Nu féminin» et « Plage endormie» du grand Antoni Pitxot.
(Musée de Dali de Figueres)
Un jour, un vieux professeur de l’Ecole Nationale d’Administration fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies. Ce cours constituait l’un des cinq ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n’avait donc qu’une heure pour faire passer sa matière. Debout devant ce groupe d’élite (qui était prêt à noter tout ce que l’expert allait enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit : "Nous allons réaliser une expérience".
De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot Mason d’un gallon (pot de verre de plus de 4 litres) qu’il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit une douzaine de cailloux à peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement un par un dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda : "Est-ce que ce pot est plein ?" Tous répondirent : "Oui"
Il attendit quelques secondes et ajouta : "Vraiment ?"
Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s’infiltrèrent entre les cailloux... jusqu’au fond du pot.
Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et demanda : "Est-ce que ce pot est plein ?". Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège. L’un d’eux répondit : "Probablement pas !"
"Bien !" répondit le vieux prof.
Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table une chaudière de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda : "Est-ce que ce pot est plein ?". Cette fois, sans hésiter et en cœur, les brillants élèves répondirent : "Non !"
"Bien !" répondit le vieux prof. Et comme s’y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’à ras bord.
Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda : "Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ?".
Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondit "Cela démontre que même lorsque l’on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire". "Non", répondit le vieux prof, "ce n’est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans ce pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous ensuite".
Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’évidence de ces propos.
Le vieux prof leur dit alors : "Quels sont les gros cailloux de votre vie ? Votre santé ? Votre famille ? Vos amis ? Réaliser vos rêves ? Faire ce que vous aimez ? Apprendre ? Défendre une cause ? Vous relaxez ? Prendre le temps ? Ou toute autre chose ? Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses gros cailloux en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie."
"Alors n’oubliez pas de vous poser à vous-même la question : Quels sont les gros cailloux dans ma vie ? Ensuite mettez-les en premier dans votre pot."
D’un geste amical, le vieux prof salua son auditoire et lentement quitta la salle.
11:10 Publié dans A méditer - Beaux textes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Pitxot, caillou, Renaud
06 septembre 2007
Communiquons !
L'intelligence est caractérisée par
une incompréhension naturelle de la vie.
Henri Bergson
Entre
Ce que je pense,
Ce que je veux dire,
Ce que je crois dire,
Ce que je dis,
Ce que vous avez envie d'entendre,
Ce que vous croyez entendre,
Ce que vous entendez,
Ce que vous avez envie de comprendre,
Ce que vous comprenez,
Il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer.
Mais essayons quand même...
Bernard Werber
21:15 Publié dans A méditer - Beaux textes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : incompréhension, Bernard Werber, Henri Bergson
24 août 2007
Les apparences sont parfois trompeuses....

Don't judge too quickly
Tous Les Episodes :
http://www.dailymotion.com/PeteRock/ameriquest
Ou :
http://www.dailymotion.com/video/xc5dq_ne-jugez-pas-trop-...
http://www.dailymotion.com/video/xiz83_ne-jugez-pas-trop-...
http://www.dailymotion.com/video/xotuu_ne-jugez-pas-trop-...
http://www.dailymotion.com/video/xotxf_ne-jugez-pas-trop-...
http://www.dailymotion.com/video/xv9un_ne-jugez-pas-trop-...
21:07 Publié dans A méditer - Beaux textes | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : apparences
23 août 2007
Heureux !
Les images sont faites pour circuler,
y compris sur le Net.
Yann Arthus-Bertrand
C’est quoi "être heureux" ?
La vie est si différente pour nous tous…
Très belle initiative de Yann Arthus Bertrand. Son regard aiguisé sur le monde, nous a fait découvrir notre terre vue du ciel.
Là, il donne la parole et nous permet alors de découvrir la diversité, la différence entre les hommes….
Grâce à ses 6 000 interviews réalisées dans 65 pays visités, « 6 milliards d’Autres » dresse le portrait sensible et humain des habitants de la planète
http://www.6milliardsdautres.org/
18:50 Publié dans A méditer - Beaux textes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Yann Arthus Bertrand, hommes, photo
26 juin 2007
Don d'organes

Toutes les eaux sont couleur de noyade
Cioran
Grande campagne de sensibilisation en ce moment sur le don d’organes, j’ai une petite doc que je dois diffuser, sous les yeux…
Le don d’organes, parlez-en…
J’ai été confronté à cette question, il n’y a pas bien longtemps. Maman à peine morte on nous a posé la question. Nous n’en avions jamais parlé ensemble. Avec ma sœur, il nous a paru évident que maman n’étant plus, si quelqu’un pouvait bénéficier de certains de ses organes, la connaissant, elle aurait aimé le faire. Aussi, nous n’avons pas
hésité, nous avons pris la décision que mes enfants et mon homme prendront peut-être un jour. Et savoir que quelque part, il y a un peu d’elle qui rend peut-être une vie plus « vivable » me rassure.
Cendre ou terre ? Je serais tentée par le choix du four, pas de tombe dans un cimetière qui recevrait son pot de chrysanthème pour la Toussaint. Ne pas obliger mes enfants à venir dans ce parc de tombes toutes alignées, entouré d'un mur, isolé de la ville... "camping souterrain" disent les québécois (Salut Marc ;-) et puis dommage tout de même pour les petites bestioles qui décomposent et pour qui je serais tout de même un petit festin (60 kg, c'est toujours bon à prendre, non ???) !
Allez je choisirais le four, c'est plus simple, et je ne vivrais alors plus que dans le cœur et la tête de ceux qui penseront encore un peu à moi... mes cendres dans un sous-bois ou dans la mer...
23:15 Publié dans A méditer - Beaux textes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mort, don d'organes, Cioran
18 juin 2007
Votre valeur....
On ne pardonne pas à son ami ses erreurs,
on ne les excuse pas non plus.
On les comprend.
Philippe Soupault
Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 100 €. Il demande aux gens: "Qui aimerait avoir ce billet ?"
Les mains commencent à se lever alors il dit :"Je vais donner ce billet de 100 € à un de vous mais avant, laissez-moi faire quelque chose avec."
Il chiffonne alors le billet avec force et il demande : Est-ce que vous voulez toujours de ce billet ?"
Les mains continuent à se lever.
"Bon, d'accord, mais que se passera-t-il si je fais cela."
Il jette le billet froissé par terre et saute à pieds joints dessus, l'écrasant autant que possible et le recouvrant des poussières du plancher.
Ensuite il demande : "Qui veut encore avoir ce billet ?"
Évidemment, les mains continuent de se lever. " Mes amis, vous venez d'apprendre une leçon... Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n'a pas changé, il vaut toujours 100 €. Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissés, rejetés, souillés par les gens ou par les événements. Vous aurez l'impression que vous ne valez plus rien mais en réalité votre valeur n'aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment.
La valeur d'une personne ne tient pas à ce l'on a fait ou pas, vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsèque est toujours intacte."
16:45 Publié dans A méditer - Beaux textes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Parabole, amitié, Philippe Soupault






