22 avril 2008

Fictions réalistes

1883782072.jpg« L'industrie de la télévision n'aime pas voir la complexité du monde.
Elle préfère les idées et les concepts simples :
c'est blanc, c'est noir ; c'est bon, c'est mauvais. »
Krzysztof Kieslowski

 

C’est pour cela que Krzysztof Kieślowski nous a fait de belles variations sur les couleurs : Bleu, Blanc, Rouge… En mettant en scène le quotidien, il nous interpelle sur les règles, les principes, notre moralité… J’aime son regard au travers (ses yeux bleus... mais aussi)  les vitres, la lumière, les reflets, les histoires banales, le quotidien, nos rencontres, les autres, notre conscience… On s'interroge alors sur la vie, la mort... J’apprécie ce cinéma qui s’intéresse aux dilemmes, aux paradoxes et aux ambiguïtés, tout n’est pas clair, rien n’est vraiment si sombre…

J’ai donc profité de ces petites vacances pour revoir les grands films de ce réalisateur que j’aime particulièrement,

1988 : Le Décalogue (10 films d'environ une heure)
1991 : La Double Vie de Véronique
1993 : Trois couleurs : Bleu
1994 : Trois couleurs : Blanc
1994 : Trois couleurs : Rouge

Un dossier intéressant sur ce cinéaste philosophe :
http://www.arte.tv/fr/content/tv/02__Communities/C3-cinem...

http://kieslowski.eu/

Vacances donc studieuses : quelques bons films, quelques bons livres (j'en parlerai ultérieurement), puis mes yeux à l'horizon, sur la mer, mes mains (et mes pieds) dans le sable et les coquillages, ma pensée survolant ce monde avec les flamants roses... ;-) et ce n'est pas terminé !

16 mars 2008

Printemps du cinéma

On est tous à la recherche d’une frontière,
une ligne claire entre le rêve et la réalité.
Tahar Ben Jelloun

Fête du cinéma oblige, donc dimanche dans les salles obscures

Deux grands films étaient au programme :

 

 

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  There Will Be Blood

J’ai vraiment aimé l’histoire de ce pétrolier, remarquablement joué par Daniel Day-Lewis. Je n’arrivais pas à le faire basculer d’un côté ou d’un autre. Un homme d’affaire sans scrupule, opportuniste ou un homme honnête qui aime ce qu’il fait et qui en profite bien ? Son opposition avec l'autre personnage majeur du film : Paul Dano qui joue le rôle du prêcheur… endiablé me semblait intéressante. . Pour ce dernier, je me suis demandé s’il y croyait vraiment ou si ce n’était que de la manipulation.  Tous les deux sont pris dans une course au pouvoir, à la non-concurrence, au rôle de leader….J’ai songé aussi à Don Juan qui demande au pauvre de parjurer pour gagner une pièce d’or. Là, on a plutôt l’impression que tous les moyens sont bons et qu’ils sont capables de tout. Et puis une fin magistrale entre ces deux hommes.  Les masques semblent tomber… et puis non, avec le recul je me demande si au contraire, on ne brouille pas encore plus les cartes….

Une question me turlupine : Eli a-t’il un frère ? ou Eli et Paul, ne sont-ce pas les deux facettes du même personnage ?

et encore une : Cet enfant était-il véritablement son fils ?

Le second était : 

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No Country For Old Men

Un mix de MacGyver, (parce que les héros sont tellement ingénieux, intelligents, rusés…) et de Terminator  (ou Phénix qui renaît de ses cendres, genre tu m’arraches les deux jambes, je cours quand même…Quand y’en a plus, y’en a encore…). Non, je rigole, c'est beaucoup plus réaliste, plus noir, cela fait vraiment plus vrai, il faut bien le reconnaitre ! ;-( 

Trois personnages importants :

  • Tommy Lee Jones, le vieux shérif, désillusionné, qui se bat contre les moulins et finit par baisser les bras… Personnage incarnant le réalisme, le cynisme, la désillusion, le tragique…
  • L’affreux Javier Bardem, une horreur, avec son engin de mort redoutable, qui fait bien gicler les serrures et le sang aussi !
  • Le courageux Josh Brolin qui n’a peur de rien ! Impressionnant !

On aimerait être rassuré, la came, le fric, les flingues.... il n'y a pas que ça tout de même !

La folie va-t-elle remporter ? Bref, on ne sort pas heureux après avoir vu ce genre de film ! Mais je n’ai pas vu le temps passer tout de même, malgré la quantité phénoménale de balles tirées, l’utilisation de ce piston à air comprimé (pas certaine de cette appellation… ) et d’hémoglobine..

Un peu déçue par la fin, surtout qu’ils n’ont rien trouvé de mieux que d’allumer les lumières de la salle quand Tommy Lee Jones commence à parler, du coup, déconcentrés nous n’avons pas suivi le récit de ses rêves…

22 janvier 2008

It's free world

1390571914.jpg"Réaliser un film, ce n’est pas faire un discours politique.

C’est montrer des humains, des individus complexes.

Avec la fiction, on peut atteindre cette complexité".
Ken Loach

 

Amis lyonnais, que diriez-vous d'un petit ciné ????

Histoire de faire quelques révisions in english (because it’s a VO), de découvrir le dernier film d’un grand monsieur : Ken Loach, d'être bouleversé par un film engagé, et puis aussi soutenir le Comoedia qui se bat pour ne pas être bouffé tout cru par la chaine UGC.
http://www.mesopinions.com/ugc-attaque-le-comoedia-petiti...

Si cela vous dit,  j’y serai !

Séance organisée avec l'Université populaire le 31 janvier à 19h,

Le film sera suivi par un débat animé par Keith Dixon, Spécialiste de la civilisation britannique et Emmanuel Dockès, juriste du Droit du Travail.

http://www.cinema-comoedia.com/index.pl?page=detaileve.sh...

Quelques liens interessants :

http://www.fluctuat.net/6037-Entretien-avec-Ken-Loach
http://www.fluctuat.net/6038-It-s-a-Free-World-Ken-Loach

12 janvier 2008

"Si j'avais su que vous m'aimiez, je ne serai pas revenue"

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Le bonheur en amour, ce n’est pas d’être aveugle,
mais de savoir fermer les yeux quand il le faut.

Simone Signoret

 

 

 

Ah ces histoires de couples…. Tout est possible, pour ne parler que du petit écran en ce moment : « César et Rosalie » et « Jules et Jim » (qui vont repasser à la TV bientôt), le couple Simone de Beauvoir et Sartre (ou vice-versa ! pour ce soir), Sark… et Carla (non je plaisante, eux c’est non-stop depuis quelques jours !), et je viens de découvrir « Gabrielle », de Patrice Chéreau.  

Je suis tombée par hasard sur ce film et je n’ai pas pu aller me coucher. L’histoire de cette femme m'a beaucoup touchée. Très énigmatique, elle passe par cette nécessité de se sentir vivante, d’aimer, de partir, et puis elle revient… C'est alors un face à face violent avec son mari. Ces deux êtres se rendent alors compte qu'ils ne se connaissent pas, qu'ils ne se comprennent pas.  Elle raconte alors, comme s’il lui fallait un témoin. Il n’y avait plus d’amour avec son mari, d’ou son départ et son retour aussi.  Et l’effondrement de cet homme, plein de certitudes, qui semblait ne rien voir. Il se détruit, ne comprend pas. Il veut savoir, tout reprendre, et puis lâche…   Une belle écriture et une très belle mise en images. Avec le basculement du noir et blanc à la couleur, l’avant, l’après, et puis le maintenant qui doit tenir compte des deux…. Mais pas si simple.  

Isabelle Huppert, Pascal Greggory sont remarquables.

 Un grand moment de cinéma… même devant la petite lucarne.

30 décembre 2007

Affleck Brothers

c996b2de5b9ce3201efc2e5369813b3a.jpgLes convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges. Friedrich Nietzsche - Extrait d' Humain, trop humain 

Dans la famille des beaux gosses je voudrais le grand frère, Ben, réalisateur, acteur parfois et qui vient de réaliser un film troublant. Après je voudrais le frère, Casey (plutôt pas mal) qui joue dans Gone Baby Gone qui m’a tenu en haleine pendant pratiquement deux heures.

J’ai bien aimé ce film dérangeant, qui interpelle. S’imposent alors de nombreuses questions sur le bien, le mal, la justice, la loi, la conscience, le devoir !

Pendant le générique de fin, on se demande : qu’aurais-je fait dans cette situation ? Et l'on comprend que le choix contraire serait peut-être aussi légitime.

J’aime ce genre de film, on ne se sent pas plus fort, supérieur, on se sent humain…dans un monde pas très beau, où l’on peut essayer de faire de son mieux, où l'on fait ce qu'on peut...

13 novembre 2007

Le Coeur des Hommes

1221341462.jpg Choisir donc exclure.
Choisir c’est mourir un peu.
Oscar Wilde

Qu’y a-t-il dans le cœur des hommes ?
Et que ferait-on si l’on était moins con ?

J’avais découvert ce fillm de Marc Esposito au ciné à sa sortie.

Ce quatuor m’avait bien plu… Chacun dans son genre et si différent.
J’ai revu ce film avec beaucoup de plaisir hier à la TV.

Et comme j’ai peur d’être déçue par le deuxième opus, je me suis pas allée retrouver la bande de potes dans une salle obscure. Pour être tout à fait honnête, j’ai longuement hésité…...

Alors les filles, lequel choisiriez-vous ?

Bernard Campan ?
Pour moi, il est systématiquement associé au rôle qu’il tient dans « Se souvenir des belles choses", où il est vraiment très, très touchant…

Gérard Darmon ?
Le vieux séducteur, à l’aise qui ma foi vieillit plutôt bien !

Jean-Pierre Darroussin ?
Filmographie impressionnante ! Il me fait craquer dans la peau du cool, calme, nonchalant, gentil, attentif sans en avoir l’air. Dans  « Le Goût des autres », il excelle.

Et pour finir Marc Lavoine ?
Le séducteur ! Celui qui sait par sa voix attirer les belles filles qui ne demandent qu’à faire un duo avec lui ! Et puis quelle argumentation : « pour une biguine avec toi », « le parking des anges », « bascule avec moi » « qu’est-ce que t’es belle », « l’amour de 30 secondes » « reste sur moi » « je ne veux qu’elle ». Certes les textes ne sont pas extraordinaires mais parfois agréables tout de même. ;-)

Alors qui choisir ?
Comme dirait Clarika : Joker !
http://www.dailymotion.com/relevance/search/clarika+joker...

 Et vous ?  

17 septembre 2007

Pedro Almodovar

6bb12ef250ebee4c1799042e6b185bc7.jpg« Une femme est authentique
 quand elle ressemble à l'image
qu'elle a rêvée d'elle-même. »

« J’espère un jour ne plus être à la mode pour devenir un classique." 

Pedro Almodovar

 Né le 25 septembre 1949… bientôt un an de plus !! ;-)

Deux films de Pedro Almodovar… à la TV à quelques jours d’écart. Si, si je vous assure, cela nous change de toutes ces séries à la c… du vrai cinéma, du 7ème art ! Même si évidemment on les connaît déjà…

Du coup j’en profite pour un petit coup de chapeau à ce grand réalisateur.

Ce soir donc je suis donc en compagnie de femmes au bord de la crise de nerf…
J'aime bien ce cinéaste anticonformiste qui sait si bien parler des « humains », des croisement de destins.  « Tout sur ma mère » est remarquable, « Talons aiguille »…, tous en fait… et « parle avec elle » ? Dans lequel, Benigno, si touchant est animé par cet amour impossible. L’opposition de ces deux hommes parlants face à ces deux femmes silencieuses…l’espoir et l'attente du miracle, le respect de l’autre, de la différence, l’émotion autour de la beauté, l’évocation de l’attirance, du désir, la présence de la mort.. Génial, le petit film muet, dans lequel l’homme rétréci féconde la femme aimée…
Tout cela porté par la danse, la musique, les taureaux… et le cucurrucucu de Crétano Veloso !!!
J’apprécie le regard d’Almodovar sur la vie, sur la mort… Ses personnages sont souvent fragiles, névrosés, seuls, incompris… bref, c’est comme dans la vraie vie !!!

Volver me semble différent, pas de taureaux, peu de musique, pas de petites gens, de problème d’identité… quoique.
Les femmes sont superbes, très dignes…
Ce qui m’a frappé c’est le décalage, le sujet est sombre mais il est traité de façon plutôt légère, certaines ficelles sont énormes - l’enterrement du congélateur…
Pénélope Cruz est très belle et généreuse à tous les sens du terme, la distribution est excellente.

La complicité, la connivence de ces femmes de différentes générations est vraiment superbe.
C’est un très beau regard d’homme sur la gente féminine, par contre une critique du « mâle » assez sévère.
Dans ce film les personnages ne sont pas fragiles, névrosés… , j’ai presque envie de dire au contraire, c’est plutôt l’équilibre, la maîtrise l’union, le lien… pas de déchirure, de plaie béante, de croûte arrachée, mais une bien belle cicatrice…

02 septembre 2007

Sortie cinéma ?

d2981d79af76a83226402a89912e05c0.jpg"Un film doit être comme un caillou dans une chaussure…."
Lars Von Trier



La nature est si belle,
Préservons-là tant qu’il en est encore temps….

Une fois n'est pas coutume, je vous propose donc une page de pub, parce que j'ai littéralement craquée sur ces bandes-annonce.

Aussi je vous propose un chtit cinoche le 10 octobre à Lyon.... ;-)

 http://www.unjoursurterre-lefilm.com/

31 juillet 2007

Michel Serrault

224058518.jpgSi l'acteur ne bouscule pas la réalité
Pour aller plus loin dans les émotions ou dans le rire,
ce n'est plus un artiste. 
 Michel Serrault


Il était formidable, le meilleur, le plus grand !
C’est toujours comme ça les nécros… un peu con de dire cela quand les gens ne sont plus, non ?
Alors que dire ?
Je parlais de lui, il n’y a pas longtemps, en le découvrant dans « 24 heures de la vie d’une femme » de Laurent Bouhnik, d’après le livre de Zweig. J’ai pensé que c’était tout de même un sacré bonhomme qui savait jouer dans tous les registres avec une telle aisance, et toujours autant de talent. Je le revois aussi lors de passages à la TV, où il faisait le clown. Je crois qu’il aimait amuser : en slip, en caleçon imitant le cri de la carotte, évoquant le livre de sa femme sur les casseroles... ou en cassant plusieurs fois sa biscotte dans la Cage aux folles
Et puis il y a aussi, l’homme « non-amuseur » dans Une hirondelle a fait le printemps, Le bonheur est dans le pré, Nelly et M. Arnaud, A mort l'arbitre, Garde à vue, Les enfants des Marais… La liste serait bien trop longue…
Un homme qui m’a souvent touchée au cinéma.
Etrange… On s’approprie en quelque sorte les acteurs, les chanteurs, les artistes que l'on apprécie, et du coup, lorsqu’ils partent, c’est un peu comme si l’on perdait quelqu’un de proche…
Bizarre cette sensation de vacuité… ;-(

24 juillet 2007

Gerard Philip

1396375318.jpg Et comme les étés précédents, il nous faut faire avec ces incendies qui ravagent des hectares dans le Sud de notre beau pays. Je songe à toutes ces bestioles qui crament vivantes, parce qu’elles ne peuvent pas aller plus loin, larves de cigales, escargots, tortues… Sans parler des hommes menacés par les flammes….

Et puis cette fois-ci, c’est près de Ramatuelle.

Ramatuelle….

Joli petit village, associé pour moi à Gérard Philip.

Il est mort bien avant que je naisse et pourtant, le cinéma permet de garder l’image des siens intacte.

Pour ne citer que quelques-uns de ses films :

Les liaisons dangereuses
Le rouge et le noir
La beauté du diable
L’idiot
Le diable au corps
La chartreuse de Parme
Fanfan la tulipe
Les orgueilleux

Quelques précisions :

Il ajoute un "e" à son nom pour obtenir 13 lettres avec son nom et son prénom, chiffre porte-bonheur selon lui.
En 1953 il auditionne avec Jean Vilar un nouveau comédien, Philippe Noiret qu'il intègre à la troupe.
Acteur engagé, il est un des premiers à signer la pétition de l'appel de Stockholm en 1950 contre l'armement nucléaire en pleine guerre froide, et devient président du syndicat français des acteurs (SFA) où il se révèle être un grand chef syndical pour les métiers artistiques du cinéma et du théâtre à partir de 1958.
Alors qu'il souffre d'un cancer du foie, il est emporté par une crise cardiaque à Paris à l'âge de 36 ans, plongeant dans la tristesse ses nombreux admirateurs et surtout admiratrices.
 Il est enterré dans le costume du Cid, conformément à ses dernières volontés au petit cimetière de Ramatuelle, près de Saint-Tropez.

Et puis un regret immense, celui de ne pas avoir vu cet homme sur les planches. ;-(

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