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  • Il va tout faire péter !

    "tulipe 96.jpgSans technique,
    le talent n'est rien qu'une sale manie."
    G. Brassens

     

    L'âme est guerrière, mais c'est tout de même drôlement bien foutu :

    Une petite vidéo d'Alan Becker remarquable : Ici

    (attention le téléchargement peut être un peu long...)

  • Il est encore loin, le mur ?

    balançoire 987.jpg

     

    Nous y sommes.

    par Fred Vargas

     

     

    http://www.europeecologie.fr/blog/nous-y-sommes

     

    Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

    Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

    Fred Vargas

  • Nicolas propose, je dispose...

    claudel camille.jpg"La solitude est un jardin où l'âme se dessèche,
    les fleurs qui y poussent n'ont pas de parfum."
    Marc Levy - Et si c'était vrai

     

     

    Une consigne sympathique proposée par Nicolas, ici : « Ecris ta propre vision de l’histoire, dans le contexte d’une révélation, d’une illusion et d’une connexion avec un monde fictif. »

    Je m’y colle et vous, vous, vous y risquerez-vous ?

     

    Bizarre…
    Elle se trouvait tout de même bizarre. Alors que les échanges se faisaient sans contact, pourquoi, avait-elle encore besoin, elle, de sentir d’autres peaux ?
    Pourquoi ne se satisfaisait-elle pas comme toutes les autres ?
    Pourquoi prendre de tels risques ?
    Elle n’avait jamais trouvé la réponse. Trop contente de glaner encore quelques hommes qui n’avaient jamais fait cela «comme ça» et qui se laissaient tenter par cette fantaisie. Certains la recherchaient, mais elle savait bien qu’ils seraient rattrapés par l’asepsie, le froid, le vide … Le virtuel reprenait ses droits, envahissant, « clean », plus palpitant et tellement rassurant.
    Elle coupa quelques feuilles de menthe fraîche d’un jeune pied qu’elle cachait jalousement. Elle aimait l’odeur authentique sur ses mains. Elle jeta les feuilles dans l’eau frémissante, caressa sa peluche en pensant que ça devait être drôlement bien un vrai chat…
    - Non, je ne suis pas faite pour ce monde, dit-elle en se shootant d’images irréelles…
    Elle ne programma pas son réveil.
    - Dans 150 ans, je ne m’en souviendrai plus, pensa-t-elle en haussant les épaules. Pourvu qu’ils me débranchent avant !
    Elle ignorait qu’elle allait rencontrer un homme différent ce jour-là. Un enfant allait être créé sans respecter le Protocole… Il aurait une peau d’ange avec une douce odeur de menthe. Adulte, les femmes prendront beaucoup de plaisir à venir s’y frotter…. Il ne s’en lassera pas.

    Et "L'Abandon" de Camille Claudel.

  • A mon Valentin...

    cpa 5.jpg

     

    Pas de bouquet, trop entêtant !

    De poussière d’or, trop impressionnant !

    De pierres précieuses, trop fascinant !

    De bouquin, trop épuisant !

    De guêpière, de fines dentelles, trop excitant !

     

     Mais ta présence dans le temps,

    Ça c’est bluffant !

     

    Que tu sois là,

    Ça j’aime ça…

     

    Parce que quand t’es pas là,  j’suis  :

     

    « Comme une pizza sans olive

    Une page de pub sans lessive

    …..

    Comme un martien sans soucoupe

    Comme un coiffeur sans un scoop

    Comme un pâté sans sa croûte

    …..

    Comme un manouche sans guitare » !

     

    Thomas Dutronc 

     

    Cliquez le clip est trop mignon...