09 juin 2008

J'ai aimé...

Alfred de Musset.jpg

« Moi, j'ai aimé très souvent
Aimé longtemps puis énormément
Et je les ai tous perdus
Car comment aimer, je ne l'ai jamais su »
Diane Tell

Les beaux jours arrivent et comme je manque d’inspiration,
je vais publier des petits textes qui me touchent.

Je commence avec
Alfred Louis Charles de Musset, 1810- 1857
On ne badine pas avec l'amour -

Acte II Scène 5 – Réplique de Perdican

Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : “ J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. ”

Commentaires

Alors, je me permets chère Kris d'y déposer un magnifique texte de Rainer Maria Rilke issu de : "Les cahiers de Malte Laurids Brigge"


«Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d'hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s'ouvrant le matin.
Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l'on voyait longtemps approcher, à des jours d'enfance dont le mystère ne s'est pas encore éclairci, à ses parents qu'il fallait qu'on froissât lorsqu'il vous apportaient une joie et qu'on ne la comprenait pas (c'était une joie faite pour un autre), à des maladies d'enfance qui commençaient si singulièrement par tant de profondes et de graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyages qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles, - et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela.
Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d'amour, dont aucune ne ressemblait à l'autre, de cris de femmes hurlant en mal d'enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient.
Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups.
Et il ne suffit même pas d'avoir des souvenirs.
Il faut savoir les oublier quand il sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d'attendre qu'ils reviennent. Car les souvenirs eux-mêmes ne sont pas encore cela.
Ce n'est que lorsqu'ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu'ils n'ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n'est qu'alors qu'il peut arriver qu'en une heure très rare, du milieu d'eux, se lève le premier mot d'un vers. »

Ecrit par : silence | 10 juin 2008

J'ai peu souffert et je me suis trompé souvent. Je ne suis donc pas dans la norme telle que la conçoit Musset ;~)

Ecrit par : Oncle Dan | 10 juin 2008

Oncle Dan : et bien moi je me retrouve complètement dans ce texte de Musset ! Je pourrais dire j'ai aimé, peut-être mal, peut-être un peu trop... ;-(

Silence : je ne connaissais pas, magnifique effectivement !

Après des textes comme ceux-ci, on se demande bien ce que l'on pourrait dire ou écrire. Moi, je me sens minuscule.. toute petite poussière... Pas prète à lèver "le premier mot d'un vers...." ;-(
Merci pour ce très beau texte Silence ! ;-)

Ecrit par : kris | 12 juin 2008

Je me rappelle de sa statue sur la place de Loches !

Ecrit par : Tietie007 | 13 juin 2008

Il y a aussi "la" lettre de Georges Sand à Alfred de Musset...
C'est beau aussi....!!
:-))

Ecrit par : el papou | 13 août 2008

Tout à fait El Papou... fin connaisseur, je vois ! ;-)

http://5ko.free.fr/fr/sand.html

Ecrit par : kris | 26 août 2008

Moi, aussi, j'ai été souvent flouée, par exemple à mon travail, une Britannique m'a dit que je pouvais faire quelque chose que je voulais faire, donc, je l'ai fait, et puis, elle m'a CASSEE. car depuis, je ne suis plus très ien notée depuis ce temps là, la voilà la perfide albion!

Ecrit par : gard | 11 octobre 2009

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